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L'autre comme « imbécile ». Le système clos de la critique comme opération d'inclusion/exclusion

Rainier Lanselle
Extrême-Orient Extrême-Occident
No. 26, « De la difficulté de juger » Quelques ressources du mode critique en Chine et au Viêt Nam (2004), pp. 139-161
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/42635753
Page Count: 23
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L'autre comme « imbécile ». Le système clos de la critique comme opération d'inclusion/exclusion
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Abstract

L'article étudie certains éléments du commentaire de Jin Shengtan (1610-1661) sur le Pavillon de l'ouest (Xixiang ji) de Wang Shifu (ca 1250-1307). Dans ce commentaire, Jin Shengtan envoie de nombreuses piques à l'égard des lecteurs qui se méprendraient sur la supposée valeur réelle d'un texte auquel il voue une admiration sans borne, lecteurs fâcheux qu'il désigne systématiquement sous le nom d' « imbéciles ». Le rejet des « imbéciles » dans leur ineptie a pour contrecoup un désir de connivence de sujet à supposé sujet-pleinement-apparié-à-moi, qui fait système et donne le véritable objet, invisible, du discours, aux dépens de toute expression conceptuelle: autrement dit, ce qui compte dans le travail « critique » de Jin Shengtan, ce n'est pas tant la construction critique en tant que telle (elle n'est faite que d'une accumulation de notations ad hoc), mais ce qu'il met en scène de rapport d'hostilité/concorde. Jin Shengtan fait ainsi part, sans le savoir, de son désir d'un système clos où le binaire et ses ressources inépuisables d'inclusion/exclusion sont exploités par le sujet comme possibilité de jouir de la répétition sans avoir à rien connaître de la division de son discours, et où, au lieu d'avoir à juger, il s'en remettrait in fine, tout en ayant l'air de le défier, au discours du maître, vraie figure de celui qui serait « pleinement-apparié-à-moi ». Parfaitement univoque, son discours permettra au sujet de faire l'économie des ambiguïtés qui sont présentes non pas, assurément, dans celui des « imbéciles » — figure imaginaire - mais dans le sien propre: il y aura peut-être bien critique, alors, mais elle signera plutôt une position de volonté de non-savoir, celle-là même que le commentateur, qui décrit en virtuose l'art de l'indirect, nous présente comme un discours toujours chargé de sa propre moitié d'implicite, autrement dit d'inconnu. This paper examines some elements of the Jin Shengtan's (1610-1661) commentary on Wang Shifu's (ca 1250-1307) Western Wing. In this commentary, Jin Shengtan repeatedly attacks what he considers poor readers of a text he admires, whom he calls « fools ». The counter-effect of his stressing the so-called « fools' » inepty is that Jin Shengtan continuously seeks to establish an other image in their place: a subject who would be supposedly well-fitted-to-me. In so doing, the critic can ignore the division which lays inside his own discourse, setting his hope on a perfectly univocal discourse which would be embodied by a master's position. Remitting himself to this idealistic figure which frees him from the troublesome problems of ambiguity, the commentator does no real work of criticism: accumulating only small-scale but tirelessly repeated ad hoc notations, he can stay in a position in which he ignores his own willingness of « not-knowing » (the « not-knowing » position there being assumed by the imaginary persona of the « fool »), as what would be to know would be nothing but eventually the division in his discourse, and of himself as a subject. Instead, the commentator concentrates all his efforts into something he knows well : the art of indirect meaning, in which it is easy to recognize the possibility it gives to seal part of the discourse beneath its explicit statement - which is the perfect figure of a securely maintained unknown dimension.

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