Access

You are not currently logged in.

Login through your institution for access.

login

Log in to your personal account or through your institution.

L'inscription des sociétés non occidentales dans la modernité

L'inscription des sociétés non occidentales dans la modernité

Louis Côté
Copyright Date: 2015
Edition: 1
Pages: 376
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/j.ctt1f1hcxm
Find more content in these subjects:
  • Cite this Item
  • Book Info
    L'inscription des sociétés non occidentales dans la modernité
    Book Description:

    Que l’Occident ait forgé la modernité, et qu’il y soit parvenu à travers une trajectoire singulière, cela n’est pas contestable. Pour autant, cela veut-il dire que la modernité est par essence occidentale et ne peut être reconstruite ni réinventée ailleurs ? L’inscription des sociétés non occidentales dans la modernité est en cours. Cependant, la nature concrète et le rythme de cette inscription dépendent pour chaque société des caractéristiques acquises au cours de son parcours historique et des circonstances dans lesquelles elle a été confrontée à la modernité. Proposant une lecture d’ensemble du mouvement historique, ce livre, à la fois essai et ouvrage de synthèse, est fondé sur une conception de la modernité comme ordre humain particulier, distinct de ceux qui l’ont précédé, mais tout aussi marqué d’ambivalences et de contradictions, induisant à la fois de nouvelles possibilités et de nouvelles contraintes pour les humains. L’auteur trace d’abord le portrait des types de société (ordres primitif, néolithique et prémoderne) qui ont précédé la modernité. Il aborde par la suite la modernité comme la conjonction de trois processus : la formation et la démocratisation d’États-nations, l’essor d’une économie capitaliste et l’individualisation des rapports sociaux. Il analyse enfin les conditions nécessaires pour que s’amorcent et évoluent ces processus constitutifs et examine les défis que cela pose à quatre ensembles géopolitiques qui constituent autant de cas de figure distincts dans leur rapport à la modernité : l’Amérique latine, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, l’Asie méridionale et l’Asie orientale, ainsi que l’Afrique subsaharienne.

    eISBN: 978-2-7605-4257-0
    Subjects: Sociology
    × Close Overlay

Table of Contents

Export Selected Citations
  1. Front Matter (pp. I-VIII)
  2. Table of Contents (pp. IX-XII)
  3. INTRODUCTION (pp. 1-12)

    DIFFÉRENTS PARADIGMES S’OPPOSENT AUJOURD’HUI quant à la question de l’accès à la modernité. Dominant dans les milieux de la coopération au développement, le premier s’inscrit dans une perspective évolutionniste qui s’est affirmée depuis le XIXesiècle et selon laquelle « la modernité représentait le stade ultime d’actualisation d’un potentiel d’évolution présent en principe dans toute société humaine¹ ». Accompli en tout premier lieu par l’Occident, le progrès vers la modernité serait donc inéluctable puisque prédéterminé. S’il peut être freiné par certains manques ou des résistances, il est également susceptible d’être favorisé. D’où les orientations de l’aide au développement qui se...

  4. PREMIÈRE PARTIE LES TROIS PREMIERS ORDRES HUMAINS
    • CHAPITRE 1 LE PROCESSUS D’HOMINISATION ET L’ORDRE PRIMITIF (pp. 15-34)

      Afin de nous donner une perspective, commençons par un rappel touchant l’origine et la dispersion des humains. L’humain moderne,Homo sapiens, est le dernier représentant de la lignée des hominidés, ouhomininés, selon la dénomination qu’utilisent aujourd’hui certains pour distinguer l’espèceHomoet ses cousins immédiats des grands singes. Jusqu’à tout récemment, les premiers hominidés connus, caractérisés entre autres par la bipédie et leur capacité cérébrale, étaient les australopithèques qui sont apparus en Afrique orientale il y a environ 4 millions d’années, mais la découverte de nouveaux genres fossiles d’hominidés au Kenya en 2000, puis au Tchad en 2001, a...

    • CHAPITRE 2 L’ORDRE NÉOLITHIQUE (pp. 35-46)

      La matrice culturelle qui informe le deuxième ordre humain va transformer les communautés humaines de façon radicale. Grâce aux travaux archéologiques, nous savons maintenant qu’elle s’est dégagée graduellement à la faveur du développement de systèmes technico-économiques fondés en premier lieu sur l’exploitation de ressources alimentaires (cueillette de graines sauvages, pêche) et leur stockage à une large échelle, puis sur leur production (agriculture et élevage). Ce fut un processus lent qui s’est écoulé sur plusieurs millénaires, ce pour quoi certains archéologues l’ont qualifié de « néolithisation¹ » afin de bien le démarquer de l’idée commune d’une révolution néolithique opposant brutalement deux...

    • CHAPITRE 3 L’ORDRE PRÉMODERNE (pp. 47-82)

      Introduisant dans les années 1925-1935 les expressions « révolution néolithique » et « révolution urbaine », l’archéologue australien Gordon Childe est sans doute le premier à avoir proposé de distinguer les deux processus. De fait, au cours des IVe, IIIeet IIemillénaires AEC émerge un nouvel ordre humain fondé sur l’utilisation de nouvelles techniques (métallurgie du bronze et du fer, roue, charrue, harnachement des boeufs, irrigation à grande échelle, construction en dur, bateau à voile), la division croissante du travail, l’organisation d’un État et l’invention de l’écriture. Ces transformations s’opèrent d’abord dans des vallées alluviales, creusées par des cours...

  5. DEUXIÈME PARTIE L’ÉMERGENCE ET L’ÉVOLUTION DE LA MODERNITÉ EN OCCIDENT
    • CHAPITRE 4 L’EXISTENCE D’UN QUATRIÈME ORDRE HUMAIN ET SES SOURCES (pp. 85-102)

      Jack Goody a consacré une part importante de son oeuvre à la mise en cause dudit « miracle européen » qui expliquerait la naissance du monde moderne. Sans nier les avancées spectaculaires réalisées par l’Occident depuis la Renaissance, il estime que l’on ne peut plus considérer ces grandes réalisations comme étant liées à des caractéristiques de très longue durée des cultures occidentales. Comme nous le rappelle Eisenstadt, la question des traits distinctifs des sociétés modernes et des raisons pour lesquelles la modernité a émergé en Occident et pas ailleurs « a toujours constitué l’une des préoccupations majeures de la pensée...

    • CHAPITRE 5 L’ÉTAT SOUS LA MODERNITÉ (pp. 103-136)

      L’ORDRE MODERNE EST LE FRUIT D’UN DÉVELOPPEMENT parallèle empreint d’influences et d’entraînements réciproques qu’ont connu au cours des derniers siècles en Occident l’État – un État souverain, assujetti au droit, libéral et démocratique –, l’économie – une économie capitaliste–, la société civile – une société structurée d’organisations diverses – et les individus – des individus de plus en plus individualisés. Marqué d’ambivalences et de contradictions, et ponctué d’avancées et de reculs, ce codéveloppement s’amorce dans la seconde moitié du XIIIesiècle, gagne en vigueur au XVIesiècle, s’enracine à la fin du XVIIIesiècle, subit une crise majeure dans la première moitié du XXe...

    • CHAPITRE 6 L’IMAGINAIRE SOCIAL SOUS LA MODERNITÉ (pp. 137-158)

      J’EMPRUNTE ICI L’EXPRESSION « IMAGINAIRE SOCIAL » à Charles Taylor, qui désigne par là cette « compréhension commune qui rend possible[s] des pratiques communes¹ », compréhension qui, précise-t-il, est à la fois factuelle (comment les choses sont) et normative (comment elles devraient être). Avant de nous engager dans l’étude des interactions de l’État moderne avec les sphères économique et sociale et de ses transformations subséquentes, et comme nous l’avons fait pour les trois premiers ordres humains, nous allons expliciter dans ce chapitre l’imaginaire social qui régit le mode de coexistence humaine qui est propre à la modernité. Nous nous arrêterons...

    • CHAPITRE 7 LE CAPITALISME ET LA MODERNITÉ (pp. 159-204)

      COMME NOUS L’AVONS RELEVÉ AU CHAPITRE 3, À partir de la révolution urbaine, le surplus agricole généré grâce à l’utilisation de nouvelles techniques a permis le développement d’activités manufacturières et marchandes ainsi que la formation de réseaux d’échange qui ont relié les différents lieux de production et d’accumulation eurasiens et africains. Au début de l’ère commune, un véritable système-monde afro-eurasien se met en place. Mais à la suite de la chute de l’Empire romain d’Occident, l’Europe est pratiquement absente de ce grand commerce, entre le IVeet le XIIesiècle environ.

      Or, souligne Norel, « sur ces huit siècles, le...

    • CHAPITRE 8 L’INDIVIDU ET LE SOCIAL SOUS LA MODERNITÉ (pp. 205-232)

      L’INDIVIDUALISATION EST ASSURÉMENT L’UNE DES caractéristiques le plus souvent mises de l’avant comme constitutives de la modernité. C’est ainsi que Norbert Elias, adoptant une formule sinon paradoxale du moins singulière, qualifie la société moderne de « société des individus ». Non pas qu’il partage le paradigme suivant lequel la vie collective naît de la vie individuelle. Au contraire, il insiste sur le modelage social de l’individu. Mais examinant simultanément les changements qui ont touché les structures sociales et les structures psychiques en Europe à partir du XVesiècle, pendant le passage de la société féodale à la société de cour...

  6. TROISIÈME PARTIE L’INSCRIPTION DANS L’ORDRE MODERNE
    • CHAPITRE 9 LA DIFFUSION DE LA MODERNITÉ HORS OCCIDENT (pp. 235-258)

      LE PREMIER TITRE ENVISAGÉ POUR CETTE TROISIÈME partie était « L’accès à l’ordre moderne ». Le retenir aurait été omettre que la modernité n’est pas un état arrêté et distinct dans lequel les sociétés peuvent on non se trouver, mais un procès en cours dans lequel elles peuvent on non s’inscrire. Pour des raisons que nous avons analysées, la modernité a émergé et continue d’évoluer en Occident. Se posent à partir de là toute une série de questions sur son transfert ou sa diffusion dans les sociétés non occidentales. Ce transfert est-il possible, souhaitable ou même incontournable ? Est-il déjà...

    • CHAPITRE 10 LES CONDITIONS D’APPROPRIATION DE LA MODERNITÉ (pp. 259-278)

      L’APPRÉHENSION DE LA MODERNITÉ COMME UN EN semble de processus permet d’envisager sa reconstruction ou sa réinvention dans les sociétés non occidentales. Cette façon de voir se distingue tout autant de la conception instrumentale, qui la saisit comme une somme de caractéristiques institutionnelles et procédurales pouvant être acquises par strict mimétisme, que de la thèse qui insiste à ce point sur l’ancrage historique de son émergence et sa cohérence qu’elle en vient à nier toute appropriation possible par des sociétés aux racines socioculturelles autres. Par ailleurs, et même s’ils sont sur le long terme l’objet d’un codéveloppement, les processus constitutifs...

    • CHAPITRE 11 DES DÉFIS PROPRES À CERTAINS ENSEMBLES GÉOPOLITIQUES (pp. 279-340)

      LA NATURE CONCRÈTE ET LE RYTHME DE L’INSCRIPTION des différentes sociétés dans la modernité dépendent bien sûr des caractéristiques politiques, sociales, économiques, culturelles et religieuses qu’elles ont acquises au cours de leur parcours historique, mais également des circonstances dans lesquelles elles ont été confrontées à cette modernité. Les singularités des différentes trajectoires sont à tous égards trop nombreuses pour que l’on puisse en traiter. Mais il nous est possible de découper des ensembles, de grandes aires culturelles ou des blocs géopolitiques, qui fassent sens, en acceptant leur caractère relatif. J’ai choisi d’examiner quatre ensembles géopolitiques qui constituent autant de cas...

  7. CONCLUSION (pp. 341-346)

    REJETANT LE RELATIVISME POLITIQUEMENT CORRECT qui prédomine trop souvent dans les sciences humaines et aux yeux duquel il n’y a que des différences incomparables entre les sociétés, les cultures et les civilisations, l’étude des processus historiques de longue durée que nous avons effectuée nous a amenés à considérer la modernité comme un ordre humain particulier, distinct des ordres primitif, néolithique et prémoderne qui l’ont précédé. Cherchant à éviter une lecture réductionniste selon laquelle les idées, les représentations ou les valeurs seraient de simples idéologies « superstructurelles », mais convaincus que les significations sociales qui informent tout à la fois les...

  8. BIBLIOGRAPHIE (pp. 347-361)
  9. Back Matter (pp. 362-362)