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Nouveaux territoires de la poésie francophone au Canada 1970-2000

Nouveaux territoires de la poésie francophone au Canada 1970-2000

sous la direction de Jacques Paquin
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/j.ctt2jcb6m
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  • Book Info
    Nouveaux territoires de la poésie francophone au Canada 1970-2000
    Book Description:

    Devant l'abondante production qui marque la poésie québécoise, acadienne et franco-ontarienne depuis 1970, de quels repères dispose-t-on pour explorer ce vaste continent? Nouveaux territoires de la poésie francophone au Canada 1970-2000 tente de répondre à certaines interrogations : Quelle place occupent les auteurs phares? Quels sont les grands thèmes de la poésie contemporaine? Comment reconnaître les tendances les plus fortes? Quelle est la situation de l'édition? À quoi servent les anthologies? L'ouvrage jette un éclairage nouveau sur des oeuvres devenues des classiques et met en évidence l'émergence d'une nouvelle génération de poètes. Les avatars rimbaldiens, l'intimisme, le féminisme, l'urbanité et la figure de l'artiste comptent au nombre des aspects les plus frappants de ces nouveaux enjeux poétiques. Cet ouvrage met en lumière les chassés-croisés entre les constantes et les ruptures qui polarisent l'histoire de la poésie francophone contemporaine : d'Anne Hébert et Gaston Miron à Marie Uguay, en passant par Patrice Desbiens, Herménégilde Chiasson, et bien d'autres. Une cartographie inédite de la poésie francophone du Canada au tournant du XXIe siècle.

    eISBN: 978-2-7603-1990-5
    Subjects: Language & Literature
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Table of Contents

Export Selected Citations
  1. Front Matter (pp. 4-8)
  2. Nouveaux territoires de la poésie (pp. 9-22)
    Jacques Paquin

    L’ambition d’embrasser les trente dernières années des littératures francophones du Canada se révèle une entreprise à peu près impossible dans le cadre d’un ouvrage collectif. Lors de la parution, en 1969, du tome des « Archives des lettres canadiennes » consacré à la poésie, on pouvait encore prétendre faire à peu près le tour des productions de l’époque. Cependant, la poésie a connu un tel essor, grâce à la multiplication des infrastructures comme les revues et les maisons d’édition et à l’émergence de ce que François Paré a qualifié de « littératures de l’exiguïté ¹» au sein de la francophonie...

  3. Les aînés majeurs
    • Anne Hébert : le second volet de l’œuvre poétique (pp. 25-40)
      André Brochu

      Un premier recueil de poèmes, Les songs en èquilibre (1942)¹, avait attiré l’attention du public sur Anne Hébert (1916-2000). Mais ce sont deux minces recueils, Le tombeau des rois (1953) et Mystère de la parole (1960)², qui ont fait de leur auteure l’égale des plus grands : Émile Nelligan, Alain Grandbois, Hector de Saint-Denys Garneau, Rina Lasnier. Cette production, aussi riche de contenu que peu abondante, constitue le premier volet de l’œuvre poétique d’Anne Hébert – laissons de côté Les songes en équilibre, nous verrons pourquoi plus loin – et l’un de ses plus grands titres à notre admiration. Aussi vais-je en...

    • Miron, le « mal entendu » (pp. 41-66)
      Claude Filteau

      On peut aimer la poésie de Gaston Miron (1928-1996) ou la détester pour des raisons esthétiques ou idéologiques. Cette poésie est le plus souvent victime de malentendus qui tiennent, en résumé, à son « oralité ». Celle-ci impose un type d’écoute qui peut convenir ou non aux conceptions de la poésie qui ont émergé au Québec tout au long de la seconde moitié du xxe siècle, en passant de la modernité à la postmodernité. Nous en étudierons certaines pour voir comment Miron fut non pas « mal compris », mais « mal entendu ». Nous prendrons comme point de départ...

  4. Enjeux contemporains
    • L’imaginaire féministe de la théorie (pp. 69-94)
      Rosalie Lessard

      « [L]es poètes de ma génération, si l’on peut dire, sont des savants [qui] n’ont pas craint de lire tous les livres sans pour autant que la chair des poèmes en fût triste¹ », affirme Madeleine Gagnon dans La poésie québécoise actuelle. Sur le mode métaphorique, cette pirouette mallarméenne témoigne de certaines préoccupations des poètes québécois des années 1970 et 1980 et, plus spécifiquement, des poètes féministes. Au cœur de leur programme littéraire se trouvent, en effet, la fondation d’une nouvelle alliance entre théorie et texte de fiction de même qu’une mise en procès des rapports unissant texte et corps....

    • Parcours intimes dans la poésie québécoise contemporaine (pp. 95-114)
      Nicoletta Dolce

      Le retour de l’intime au Québec, au début des années 1980, correspond à un phénomène qui touche plusieurs pays occidentaux et dont le déploiement serait attribuable à la transformation de la vision du monde qui s’est produite chez l’individu contemporain. Les raisons de cette mutation dépassent les frontières géographiques en rendant souvent planétaires des préoccupations qui étaient jadis confinées dans des espaces plus circonscrits.

      Les réflexions sur la question d’une identité fugace et mouvante, les considérations sur la relation qu’entretient l’individu avec une réalité réfutable, ainsi que les questionnements sur le poids et la valeur qu’acquiert l’éthique dans les différents...

    • Hors la langue ? L’exploréen et les glossolalies dans la poésie québécoise (pp. 115-130)
      Jonathan Lamy

      Claude Gauvreau (1925-1971) est le premier, au Québec, à faire intervenir des glossolalies, des mots inventés, dans son écriture. Mais il n’est pas le seul. Paul-Marie Lapointe, Gilles Groulx, Paul Chamberland, Raôul Duguay, Gilbert Langevin, Claude Haeffely et André Gervais, pour ne nommer que ceux qui seront ici commentés, ont eu recours, depuis les années 1940 jusqu’en 1990, à des inventions verbales dans leurs poèmes. Si l’on regroupait tous ces poèmes dans une anthologie, on remarquerait que, la plupart du temps, les glossolalies poétiques se rapprochent de l’exploréen de Gauvreau, c’est-à-dire un mélange d’éléments provenant de la langue française avec...

    • La poésie à coups de poing : « démocratisations » contemporaines de la parole poétique au Québec (pp. 131-158)
      Luc Bonenfant

      Alors qu’elle semble à première vue un genre confidentiel ou restreint, pour parler comme Pierre Bourdieu, la poésie n’a paradoxalement jamais été aussi présente dans nos vies. Quiconque, depuis une quinzaine d’années, a tenté d’appréhender l’entièreté de la poésie québécoise a tôt fait de ressentir un certain vertige devant le nombre important de recueils publiés et de numéros de revues qui lui sont consacrés¹. À cette production écrite s’ajoutent les manifestations publiques, happenings plus intimes ou festivals plus larges, dont le Festival international de poésie de Trois-Rivières, le Festival Voix d’Amériques ou le Marché de la poésie de Montréal, pour...

    • Du grand désordre universel au Dollarama : Montréal dans la poésie québécoise francophone contemporaine (pp. 159-178)
      Pierre Popovic

      Bien que la littérature, en régime de modernité, soit urbaine par nature autant que par nécessité, rares sont les écrivains dont un texte ou l’œuvre puisse être tenu pour consubstantiel à la ville dont ils parlent au point d’avoir estampillé un moment du devenir historique de cette ville. Des noms, cependant, viennent aisément à l’esprit : James Joyce pour Dublin, Charles Dickens pour Londres, Julien Gracq pour Nantes, Salman Rushdie pour Bombay ou Delhi, Victor Hugo et Charles Baudelaire pour Paris, Paul Auster pour New York, etc. En poésie, et pour Montréal, un seul nom s’insérerait à bon droit dans...

    • Les jeunes poètes acadiens à l’école Aberdeen : portrait institutionnel et littéraire (pp. 179-204)
      Pénélope Cormier

      À première vue, il peut sembler contradictoire de parler de Gérald Leblanc (1945-2005) et de Moncton, alors qu’il s’agit, en fait, des poètes plus jeunes et de l’ensemble de l’Acadie. Or, pour brosser le portrait de la vague de poètes acadiens en émergence depuis 1990, le détour par l’un et par l’autre est non seulement motivé, mais obligé.

      Au fil des ans, la ville de Moncton, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, en est venue à rassembler les ressources, les institutions et les forces vives de l’Acadie contemporaine et à devenir le point focal du dynamisme acadien dans les années 1990....

    • Une symphonie concertante : la jeune poésie franco-ontarienne (1970-2000) (pp. 205-232)
      Louis Bélanger

      La fixation des origines de la littérature franco-ontarienne à une époque particulière rend compte d’écarts historiques d’envergure, selon que l’on vise à refléter l’exhaustivité caractéristique de l’approche « des origines à nos jours » ou une perspective plus ciblée de son développement littéraire, à l’enseigne d’événements plus récents et perçus comme points de rupture d’une tradition donnée. Comme le décrit Johanne Melançon¹ dans une rétrospective éclairante sur la question, des récits de voyages de Samuel de Champlain et d’Étienne Brûlé aux États généraux du Canada français en 1967, de la fondation de la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario (CANO) en...

  5. Figures du poète
    • Patrice Desbiens par lui-même : 1974-1995 (pp. 235-266)
      François Ouellet

      L’œuvre poétique de Patrice Desbiens, née au milieu des années 1970, compte plus d’une vingtaine de recueils. Cette abondante production, qui couvre près de quarante ans d’écriture, offre une remarquable unité stylistique et thématique. D’un livre à l’autre, le poète approfondit ses discours de prédilection, en varie l’angle d’approche, si bien que, avec les années, l’œuvre a atteint à une richesse supérieure.

      Les premiers spécialistes de l’œuvre de Desbiens, François Paré (dès 1982) et Elizabeth Lasserre (dans les années 1990¹), en ont proposé une lecture fortement identitaire, communale, marquée du sceau de la misère socioculturelle de la minorité franco-ontarienne. Vus...

    • Qui parle dans la poésie d’Herménégilde Chiasson ? (pp. 267-292)
      Raoul Boudreau

      Dans les treize recueils¹ qui vont de Mourir à Scoudouc (1974) à Béatitudes (2007), Herménégilde Chiasson a construit une œuvre poétique riche et variée, car l’auteur a transporté en poésie le goût de l’expérimentation hérité de la pratique des arts visuels. Plusieurs de ses recueils imposent des contraintes formelles inédites et itératives qui construisent une espèce de rhétorique postmoderne : que ce soit l’écriture, à partir de mots trouvés au hasard dans le dictionnaire ou d’objets familiers, d’un texte d’une longueur déterminée par le nombre de lignes de la page d’ordinateur, comme dans Existences et Miniatures; ou la reproduction des...

    • Visite des ateliers : figures du poète en artiste chez Robert Melançon, Marie Uguay et Louise Warren (pp. 293-312)
      Antoine Boisclair

      Si plusieurs écrivains de la Révolution tranquille ont voulu, à l’instar de Gaston Miron, investir « la place publique », situer l’intervention politique au cœur de leur démarche ou, plus généralement, élever le geste individuel de l’écriture à une dimension sociale, la plupart des poètes postérieurs aux années 1980, c’est un lieu commun de l’affirmer, ont privilégié des tonalités, des thèmes ou des lieux plus « intimes ». Associée à la retraite ou à la solitude que nécessite le processus de création artistique, l’image de l’atelier, particulièrement insistante chez les poètes des années 1990, s’inscrit à plusieurs égards dans cette...

  6. La diffusion de la poésie
    • Émergence des Éditions du Noroît : entre le livre d’artiste et l’édition courante (pp. 315-336)
      Thierry Bissonnette

      La fin des années 1960 et le début des années 1970 sont marqués par l’apparition d’importantes maisons d’édition spécialisées en poésie québécoise. Après la fondation de la revue Les Herbes rouges en 1968 – un organe qui se métamorphosera en maison d’édition en 1978 –, l’année 1971 est une période charnière avec la mise sur pied des Écrits des Forges et des Éditions du Noroît (également dénommées « le Noroît »). De façon très générale, on peut dire que le choix des auteurs effectué par les Herbes rouges tend à fédérer ceux-ci sous la bannière d’une avant-garde québécoise aux accents contestataires,...

    • La fièvre des commencements : Gatien Lapointe et les Écrits des Forges (pp. 337-364)
      Jacques Paquin

      Les Écrits des Forges sont devenus, au cours de leurs quarante ans d’existence, un des joueurs majeurs de l’échiquier poétique au Québec. À l’aube du XXIe siècle, c’est l’éditeur qui publie encore le plus de recueils par année, coéditions et traductions comprises. Jusqu’au début des années 2000, les Écrits avaient aussi étendu leur influence aux lieux de diffusion de la poésie avec l’administration des revues Estuaire, Arcade, Exit et Lèvres urbaines (la seule qui lui soit encore associée). C’est aussi au dirigeant de cette entreprise, Gaston Bellemare, qu’on doit l’avènement du Festival international de la poésie, qui se tient annuellement...

    • La seconde vague critique : l’anthologie poétique québécoise de 1970 à 2000 (pp. 365-388)
      Nelson Charest

      Poser la question de l’anthologie au Québec, c’est immédiatement poser la question de ses institutions littéraires et de la valeur qu’elles sanctionnent et honorent. Comme le précisent les anthologistes de la Pléiade, « anthologein signifie “cueillir des fleurs” », et « cueillir – sauf à tondre la prairie –, c’est choisir¹ ». Ce choix est celui qui inaugure une tradition, un patrimoine qui devient la propriété d’une nation, gérée par des institutions. C’est ainsi que ces institutions acquièrent un sens lorsqu’elles permettent de promouvoir, d’entretenir et de conserver une littérature, ou mieux, une bonne littérature, soit des œuvres qui peuvent être...

    • La fabrication anthologique (pp. 389-416)
      Robert Yergeau

      Les anthologies concentrent et condensent un certain nombre d’enjeux révélateurs de l’épistémè d’une époque.

      En amont, soulignons le rôle de l’objet anthologique dans le champ littéraire. Pour François Ricard, les ouvrages « dits de référence » (dictionnaires d’auteurs ou d’œuvres, répertoires, manuels scolaires et anthologies) sont « à la fois produits et producteurs. D’une part en effet, ils découlent de la Littérature elle-même, la représentent de manière visible. Mais d’autre part, et dans le même temps, ils agissent aussi sur elle, la modifient, en infléchissent le cours, lui attribuent une certaine signification et même, à la limite, ils la créent¹...

  7. Collaboratrices et collaborateurs (pp. 417-422)
  8. Table of Contents (pp. 423-425)