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Journal Article

DIE GESCHLAGENEN UND AUSGELIEFERTEN IN DER KUNST DES HELLENISMUS

TONIO HÖLSCHER
Antike Kunst
28. Jahrg., H. 2. (1985), pp. 120-136
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41320841
Page Count: 18
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DIE GESCHLAGENEN UND AUSGELIEFERTEN IN DER KUNST DES HELLENISMUS
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Abstract

Dans l'Antiquité, le monde des dieux et celui des hommes ont une organisation qui se ressemble. Cette similitude est particulièrement sensible dans les rapports qu'entretiennent les dieux avec leurs fidèles et leurs adversaires, et les souverains avec leurs ennemis et les peuples assujettis. C'est avant tout à l'époque de l'hellénisme, avec ses états de forme monarchique, qu'apparaissent des liens étroits entre l'organisation religieuse et l'ordre politique, des liens que reflète d'ailleurs l'art de cette époque. Le grand monument triomphal d'Attale I à Pergame montrait, sur un long socle, exclusivement des Celtes et des Perses vaincus, désespérés, agonisant ou se donnant la mort (cf. pl. 30, 1). Par contre, le souverain vainqueur était isolé du groupe et représenté à cheval, sur un socle particulier. Par analogie on verra que le monument plus tardif d'Attale II, érigé sur l'Acropole d'Athènes, peut lui aussi n'avoir mis en scène que les adversaires vaincus de l'ordre grec: des Géants sans les Dieux, des Amazones sans les Athéniens du mythe, des Perses sans les Athéniens des victoires historiques, des Celtes sans Pergaméniens (cf. pl. 30, 3.4). Les figures des soumis y étaient cependant en contact avec les souverains Eumène II et Attale II dont les portraits étaient représentés en grandeur colossale. Une allusion de Plutarque à un Dionysos qui aurait été figuré dans la gigantomachie de ce monument se trouve être, en fait, une mauvaise compréhension du sujet. Cette conception est l’expression des rapports historiques qui prévalent à l’époque hellenistique: le souverain se place bien au—dessus des événements concrets; les vaincus sont isolés dans leur douleur et dépeints avec pathetique et compassion, sans que la gloire du vainqueur en soit touchée. Ce mode de représentation correspond aux tendances d’une historiographie tragique (tragische Geschichtsschreibung) propre à l’hellénisme, mais ne doit pas être perçue comme ayant eu une influence directe sur les historiens, car des conceptions analogues se retrouvent dans les représentations mythologiques. La Niobé et ses enfants du célèbre groupe statuaire hellénistique de Florence errent désarmés, à la merci des flèches mortelles de dieux qui ne sont pourtant pas représentés (pl. 30, 2.5). De la même manière, le Marsyas du groupe hellénistique bien connu, représenté au moment de son supplice, se trouve livré au couteau du Skythe, sans doute meme en l’absence d’Apollon, lui qui est à l’origine du châtiment. Les dieux, tout comme les souverains, sont ressntis comme des puissances imprévisibles qui dépassent de loin les hommes, et leur grandeur est exaltée sur les monuments. Cependant, dès lors que les puissances victorieuses sont élevées bien au-dessus de leurs adversaires, se fait jour un espace libre qui permet d’observer et de dépeindre le destin des vaincus avec une acuité nouvelle, sans toucher la gloire des vainqueurs. On y décéle alors de façon inconsciente la crise que traverse la religion hellénistique, dont les divinités traditionnelles représentent des forces abstraites, distantes, alors que seuls les destins humains, les coups et les hasards de la Tyché, forment la réalité sensible. Les groupes statuaires du Laocoon et de Sperlonga (l’épisode d’Ulysse et ses compagnons aux prises avec Scylla) sont d’autres témoignages clairs en ce sens. Au travers de ce phénomene s’est développé toujours plus intensément un désir général de délivrance qui s’est concentré avant tout sur des héros humains. Le groupe du Prométhée de Pergame montre bien a ce propos que c’était avant tout vers les souverains, et leur modèle mythique Héraklès, que se tournaient ces espoirs de salut.

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